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lundi 2 mars 2015

On dépose le bilan



C'est parti !

Quand on est partis on s’est dit (et on a dit à pas mal de monde d’ailleurs), l’œil brillant et l’air probablement un peu pompeux qu’on allait « faire » l’Amérique du Sud. En dehors des considérations syntaxiques (oui, en effet on ne l’a pas faite, elle existait bien avant nous - quoiqu’on ne sait pas, on n’y était pas ; donc si on n’était pas là et que elle non plus c’est qu’il n’y avait personne ni rien… Vous me suivez ? Moi non plus, je suis Seb et Hélo). 

Petite parenthèse (encore, on a eu un prix de gros), le texte est long donc pour les plus flemmards/ceux qui sont au travail/ceux qui en ont (déjà) marre des blagues vaseuses/les thésards/les parents-d’enfants-en-bas-âge-qui-crient-tout-le-temps, vous pouvez passer directement aux photos en évitant les disgressions…

Bref, avec nos jolis sacs à dos tous neufs on se lance à l’assaut des redoutables latinos. Non pas ceux qui ont mis les anglais dehors à grand renforts d’infusions de thé à l’eau salée (eux c’était les a-mé-ri-cains du NORD) mais ceux qui ont mis les espagnols au port après avoir effacé seulement 90% des barbares incultes qui occupaient illégitimement les terres. La colonisation c’est bien mais une fois bien installés, les impôts de la couronne et autres sacerdoces des relations à distance, faut pas pousser (Si Pizzaro & co avaient eu internet et l’appli impots.gouv.fr alors l’histoire aurait pu être toute autre) donc zou Ferdinant, tout VII que tu sois. Et c’est parti pour des conflits internes partout !
Enfin bon, l’idée n’est pas de faire un cours d’histoire (nous laissons ce dur labeur aux grands parents qui sont bien plus doués que nous - merci l’éducation nationale) mais de continuer ce délicieux blog égo-trip que vous aimez tant lire !

Nous disions donc, hardis que nous sommes (comme dirait Philippe), nous commençons par « faire » (oui oui on insiste) l’Argentine. Après avoir donc constaté avec dépit qu’elle existait déjà avant qu’on arrive, nous y déposons néanmoins nos gros sacs qui doivent assurer notre survie pendant les 8 prochains mois. On ne les pose pas avec nonchalance comme on peut voir dans les films de voyage, mais crispés, les mains et pieds attachés aux sangles : en France on nous a prévenu, le latino américain est dangereux, vole, a presque toujours un couteau entre les dents et mange des tacos ! Pour les tacos on pense pouvoir gérer ça.
Au final l’Argentine pour nous c’est :

  • Le tango, entraperçu à Buenos Aires (mais tellement entr’aperçu qu’on le met là plus pour que personne ne dise « pourquoi vous n’avez pas mis le tango, vous n’aimez pas le tango ? » Si, on aime, mais on danse comme des betteraves comme d’aucuns ont pu le voir à notre mariage)
  • Les mots avec une forte teneur en « che »
  • Les empanadas, nos principaux repas mais aussi les asados et autres formes de grillades
  • Les animaux (pas cuits ceux-ci) de la Peninsula Valdes, dont les orques (tu te souviens Antoine, ceux que tu n’as pas vu)
  • El Chalten (le rêve des randonneurs)
  • Le Perito Moreno (ou le fascinant glacier qui fait crac)
  • Les dortoirs avec les voisins de chambre sympa
  • Les débuts en espagnol « cho quiero una chervesa fresco por favor ». Ils sont fous ces Argentins, est-ce qu’on dit « chalut cha va ? », nous qui avons un si bel accent ?
  • Par contre y’avait personne avec des couteaux – ou autres objets contondants ou tranchants entre les dents – du moins on les a loupés, ce qu’on ne regrettera pas. C’est donc également un point qu’on a aimé !
  • La fin du monde en voilier dans le golfe d’Ushuaïa
  • La rando la plus ventée jamais faite et une autre, la plus neigeuse
Majestueux Perito Moreno, plus beau encore que Nadine

Capant (oui, ce mot n'existe pas mais on le trouve joli donc on l'invente) à travers les montagnes pour le Chili ! On commençait à bien comprendre l’Argentin et voila que ces zouaves abandonnent le « che » au profit du sport noble qu’est le coupage de mot ! Un autre exercice pour muscler notre espagnol faiblichon. Le Chili pour nous ça a été :

  • Beaucoup de marche : Torres del Paine, Volcan Villarica et le parc Huerquehue
  • Une expérience inoubliable à bord du ferry Navimag (séance Cluedo à bord) et notre super compagnon de cell… cabine
  • Notre première marche avec crampons et piolet
  • Le street-art de Valparaiso
  • Les Moaï de l’Île de Pâques (et toute l’île d’ailleurs)
  • San Pedro d’Atacama et ses environs désertiques
  • Tout un tas de rencontres !
  • Le musée des Arts Précolombiens de Santiago, enfin surtout parce qu’il nous a permis d’éviter la chaleur

Le Chili, un des pays préférés d’Hélo (pour le moment), pour la variété et la beauté des paysages !


Valparaiso, haute en couleurs
C’est à travers le désert qu’on passe en Bolivie, en jeep, avec une poignée d’Allemands très sympatoches. On y re-découvre la solitude du désert, le mal de crâne de l’altitude, la beauté du calme, Orion et les Magellan pendant les nuits sans pollution. La Bolivie, après l’Argentine et le Chili, c’est un peu le low-cost de l’Amérique du Sud : c’est moins cher, plus simple, moins touristique… autant dire qu’on s’y sent comme un cactus dans le Salar de Uyuni (et pour vous dire s’ils y sont bien y’en a plein qui y traînent leurs branches épineuses). Les gens y sont adorables et très enclins à la conversation. Notre best of :

  • Des traces de dinosaures au parc Torotoro (!)
  • Une grotte dans laquelle Seb à cru mourir… trois fois…
  • Le Salar de Uyuni (celui où on fait croire qu’on peut rentrer dans une boite de Pringles… Eh oui, c’était une illusion d’optique, en vrai on n’est pas rentrés dedans, pas mal hein ?!)
  • Une nuit sur l’Isla del Sol au milieu du lac… hem… Titicaca… hem où on a cru mourir de froid la nuit
  • Un Noël de grillade en compagnie germanophone (heureusement pas anglophobe, de ce côté-là on peut se targuer de parler mieux espagnol qu’allemand… désolé Roswitha…)
  • Un nouvel an inoubliable à la Paz avec ses collines en feu d’artifices
  • Les flamands roses (aucun rapport avec les wallons bleus)
  • La gestion hasardeuse des bagages à la gare routière et notre satisfaction de les trouver à l’arrivée
  • M. Salinas (pour ceux qui ont suivi) !

La Bolivie c’est un joli coup de cœur de Seb, un peu hors des sentiers battus et avec des autochtones adorables !

Isla del Sol sur le lac Titicaca




Le Pérou, après la Bolivie ça a été un boire un Pastis après un repas de fête : c’est toujours bon, au final ça passe, mais c’est un peu too-much. On tombe dans un mode usine touristique où il aurait fallu réserver 6 mois à l’avance pour faire l’Inca Trail (en vrai ça nous a pas trop déçus car on était vannés et qu’il pleuvait tous les jours), et à l’ambiance moins sympa. On se régale tout de même devant les ruines et avec une découverte aérienne inoubliable des lignes de Nasca (qui ont donc bien le droit d’être des lignes comme ont pu voir les lecteurs assidus de commentaires) !

Alors le Pérou pour nous ça sera :
  • Les lamas parce que c’est sympa un lama. Et en plus on peut faire plein de jeux de mots avec ces bêtes là, qu’on peut en faire des pulls ou des bons petits plats, désolé…
  • Le Machu Picchu (quand même !)
  • Le Huaca de la Luna (bien que tout petit)
  • Le sandboard dans les dunes de Huacachina (rien que pour voir Hélo tenter le sandboard debout ça valait le coup, croyez-moi)
  • L’avion pour voir les lignes de Nasca (moins la nausée qui s’ensuivit, on est des animaux terrestres, à la rigueur marins mais au final assez peu aériens)
  • Chachapoya avec la cité de Kuelap (qui pour Seb vaut presque le Machu Picchu bien que moins imposante) et la rando équestre vers la cascade de Gocta avec le super Bernard, un québécois enthousiaste
  • Un guide apprenti chamane (oui oui il faut une formation d’environ 5 ans auprès d’un chamane authentique pour avoir son certificat de chamanisme !) passionnant
  • Le Monastère de Santa Catalina
Alors le Pérou, oui c’est magnifique et il y a plein de belles choses à voir. Mais au fond il manque un petit quelque chose (surtout dans les zones très touristiques) qui fait que ça n’est pas un de nos pays favoris (ils sont capricieux ceux-là !)

Visite nocturne du Monastère

Après de longues hésitations (et 2/3 jours dans le bus pour traverser l’équateur) on passe en Colombie. Dans notre esprit, la Colombie c’est le pays de Pablo Escobar, des FARC, de la drogue, bref la somme de toutes les peurs ! Mais comme on est restés au stade de l’addition, et qu’on a multiplié les rencontres nous disant d’y aller, on ne reste pas divisés longtemps avant de soustraire nos appréhensions et de foncer. Au final on y trouve un pays particulièrement agréable à vivre tout plein rempli de gens adorables et des paysages sublimes. C’est un peu moins le pays des visites dédiées mais quelle tranquillité ! Parmi les raisons de cet enchantement :
  • Des paysages à couper le souffle
  • Des rencontres enrichissantes où on en apprend plus sur les problématiques actuelles colombiennes
  • Une rando avec des compagnons de marche colombiens, français et américains
  • Une partie de terro (sport national, sorte de pétanque plus fun car avec des pétards qui explosent quand le palais tombe dessus) mémorable avec le même groupe
  • La marche sur-humide dans la jungle pour finir en baignade dans la mer des Caraïbes
  • La pizzeria de Cartagena (eh oui parfois ça manque)
  • Le paisible village de Salento
  • Le parc Arvi de Medellin, forêt immense à deux pas du centre ville
  • La musique à fond, partout, tout le temps
  • Un micro carnaval à Taganga
  • Du vrai café (enfin !)
Et là-dessus, pas d’équivoque, on a tous les deux adoré ! Malheureusement dans notre hâte d’aller en Asie il nous aura manqué deux petites semaines complémentaires pour finir le tour de ce qu’on aurait aimé voir…

Vue de Cartagena depuis le centre historique
 Allez, pour finir, notre top Amérique du Sud (en vrac) :
  • Salar de Uyuni (Bolivie)
  • Volcan Villarica (Chilli)
  • Machu Picchu (Pérou)
  • Ile de Pâques (Chili)
  • Croisière Navimag (Chili)
  • Rando à El Chalten (Argentine)
  • Perito Moreno (Argentine)
  • Partie de torre à Salento (Colombie)
  • Lignes de Nasca (Pérou)
  • Parc Torotoro (Bolivie)

A suivre...


samedi 22 novembre 2014

245 secondes d'Argentine


A cause d'une erreur de manipulation (quand Seb s’essaye au paramétrage du blog), ce post avait été effacé.
Le voici à nouveau !





jeudi 20 novembre 2014

Frozen "Cold never bothered me anyway"

Avec la Terre de Feu (de feu ? sérieusement ?) et le sud de la Patagonie, nous avons été servis par le froid, le vent, et le vent froid. On se rend compte au fur et à mesure qu'on va finir par être loin des 230 jours d'été...

Entre deux éclaircies, certaines randos n'ont pas toujours eu la vue escomptée : nous avons été pris dans le brouillard en tentant d'atteindre le glacier Martial à Ushuaïa et nous avons fait face à des rafales de vent de 150km/h en grimpant au Laguna Torre près d'El Chalten. 
A l'arrivée, ça donne quand même des photos plutôt chouettes !


Vers le Glacier Martial (Ushuaïa)
Retour venteux du Lac Torre
Le Lac Viedma au loin
Devant le Cerro Torre, Fitz Roy et Saint Exupéry (ainsi que leurs copains)


mardi 11 novembre 2014

Nous sommes officiellement au bout du monde !

Top 8 des animaux vus sur la Peninsula Valdes

8 - Les lamas
Croisés partout sur le bord des routes de la Péninsule ! Pas du tout pataud comme nous l'imaginions mais très sveltes et élégants ! Sans vouloir être chauvins, on est d'accord que ça a quand même l'air moins malin que les dromadaires... Ne serait-ce que leur capacité à rester bien cachés dans les fourrés au bord des routes et se précipiter devant notre voiture pour le pur et simple plaisir de nous voir faire des embardées. C'est fourbe un lama (à l'exception des Dalaï, Serge et autres lamas célèbres qui ont su réussir en évitant les pneus. Désolé on n'a pas su se retenir). 


7 - Les armadillos
Rencontrés sur le parking de la Punta Norte juste avant de repartir, très bon grimpeur et surtout très préhistorique; un peu plus velu que le tatou qui lui ressemble, un peu plus qu'Audrey également. 


6 - Les éléphants de mer
Aperçus de la Punta Cantor, de loin, ça ressemble un peu à un groupe de grosses limaces flemmardes. En regardant de plus près c'est plutôt mignon, ça se gratte, ça bronze sur la plage et ça fait la planche en se laissant dériver tranquillement dans l'eau. Ça sait également se traîner en urgence sur le sable en cas d'attaque d'orques, pour s'affaler et s'endormir à nouveau un mètre plus loin. Quelque part c'est aussi sportif que nous. Hormis le côté limace c'est un animal assez attachant car on s'y reconnaît un peu. 

5 - Les lions de mer
Observés à Punta Pyramides
Rien à voir avec les précédents, même si de loin ça ressemble aussi un peu à un groupe de limaces ! De plus près : ça grogne comme des lions (enfin presque) et ça se déplace en prenant appui sur les pattes/nageoires avant. C'est assez flemmard aussi mais un mâle semble faire sa loi au milieu des femelles et des petits. Chez nous c'est plutôt la bretonne qui s'affirme, c'est un peu finalement ce qui nous différencie du règne animal en fin de compte (hormis le côté limace comme évoqué précédemment). 

4 - Les pingouins
Approchés à Punta Tombo (2 heures 30 de route de Puerto Madryn). Nous avons croisés les vrais pingouins de Mary Poppins !! Même déhanchement rigolo, mêmes poses devant la caméra... Les plateaux en moins ! Sur le bord des sentiers, des centaines de pingouins en train de couver leurs œufs ou de se prélasser au soleil. Dans l'eau séances de nages et de pêche pour nourrir ceux restés à terre.
On a même cru apercevoir Karl Lagerfeld se dandiner près de la plage mais cela reste à confirmer par les autorités locales. 

3 - Les baleines franches australes
Magique ! Vues par morceaux (attention, c'est juste qu'elles étaient sous l'eau, elles ne sont pas en format sushi de baleines flottant dans le golfe, pas de méprise) lors d'une balade en bateau : une femelle et son petit, la femelle, le ventre en l'air pour empêcher son petit de trop téter... La Peninsula Valdes est une nurserie pour les baleines, en novembre les mâles sont déjà partis mais les femelles restent avec leurs petits dans cet espace protégé.
Vues aussi et entendues (!!) depuis Punta Pyramides, incroyable :)

2 - Les orques
Le clou du spectacle, nous avons suivis trois orques : une mère et ses deux jeunes de Punta Cantor et le long de la Caleda Valdes. Nous avons même pu voir la mère attraper un éléphant de mer au bord de l'eau ! Incroyable :) Moins cependant pour le pachyderme marin à qui nous dédions une petite pensée sur cette page. Il aura cependant eu l'honneur de remplir pleinement son rôle dans la terrible chaîne alimentaire et est immortalisé sur des photos. 

1 - Les martinets
Nos petits chouchous : ces oiseaux à crête ! Ils adorent traverser la piste devant notre voiture de loc, en regardant bien à droite et à gauche avant de passer pour être bien sur qu'on s'arrête ! Certains, un peu plus taquins, se sont donnés à cœur joie de nous faire faire des dérapages sur les pistes de graviers.


Ehhhh oui, nous sommes des mammifères atypiques : contemplatifs et non respectueux de cette magnifique chaîne alimentaire ce qui de fait :
- nous empêche d'écraser un oiseau mais nous fait manger du Lomo sous cellophane du Carrefour de Puerto Madryn
- nous retient d'aller nager dans un golfe infesté d'orques même s'il faut selon la légende sauver Willy (après avoir vu ce qu'il fait, ce brave Willy, je vous déconseille d'essayer de lui donner un coup de main. Même un bout de jambe, ça peut être utile pour la suite des aventures).

Sur ce, nous allons limacer tranquillement pendant 30 heures dans notre bus - bien loin du rivage, retenez ce conseil - pour Ushuaïa. 

mercredi 5 novembre 2014

Parilla y cerveza

Pour notre dernier soir (déjà !) à Buenos Aires, nous avons, sur les conseils de l'hôtel, dîné dans une "parilla" : un restaurant de viandes grillées.

Buenos Aires. Que dire de l'air de notre première escale en Amérique du Sud ? Bueno comme San Telmo où on loge, atypique, graphé et délabré... magique ! On veut rentrer dans un de ses troquets typique et absorber l'air qui s'en dégage. 


Nos deux premiers jours de visites ont été un peu gachés par une pluie battante (nous ne nous attendions pas à ça pour nos premiers jours d'été) mais le soleil a fini par revenir et un grand ciel bleu s'est étendu sur El Congreso, Palermo, Barrio Norte, Recoleta et Microcentro.

Direction donc Puerto Madero, pour aller déguster à peu près tous les morceaux de vache possibles ! 

Sur les rives du Rio de la Plata, on se balade parmi les sportifs et les promeneurs, en regardant la réserve écologique, fermée à cause des intempéries des derniers jours et les reflets des grattes ciels dans l'eau... encore un autre visage de Buenos Aires.